L’ancienne région Poitou-Charentes

Un article long et très factuel (mais peut-être faut-il commencer par là avant d’aller plus en profondeur

Le nouveau découpage régional français intervenu en 2016 a remplacé nos 22 régions métropolitaines par 13 grandes régions et la région Poitou-Charentes a donc disparu, intégrée dans une grande région Nouvelle-Aquitaine qui regroupe l’Aquitaine, le Limousin et le Poitou-Charentes soit 12 départements et en fait la plus vaste région métropolitaine (un peu moins 84 000 km², c’est la taille de l’Autriche) mais pas la plus peuplée (6 millions contre environ 12 millions pour l’Ile-de-France).

Pour autant l’académie de Poitiers n’a pas disparu. Avec sa vieille Université (1431), elle demeure l’horizon principal des lycéens et étudiants des 4 départements (Vienne, Deux-Sèvres, Charente-Maritime et Charente (même si ceux du Sud des Charentes sont davantage tournés vers Bordeaux que vers Poitiers).

Le centre de Poitiers avec la cathédrale Saint-Pierre

Autant la Nouvelle-Aquitaine est un espace géographiquement, culturellement hétérogène, autant cette ancienne région Poitou-Charentes présentait une certaine homogénéité .

Généralités

Située dans le Grand Ouest la région qui nous intéresse regroupe les 4 départements de la Charente (préfecture Angoulême), la Charente-Maritime (préfecture La Rochelle), des Deux-Sèvres (préfecture Niort) et de la Vienne (préfecture Poitiers, qui est aussi l’ancienne capitale régionale).

C’est une région de taille moyenne : 25 810 km² pour une population de 1, 8 millions d’habitants soit moins de 3 % de la population métropolitaine . Elle a une densité faible à l’échelle française : 70 hab/km² contre plus de 115 pour la moyenne française.

Cela s’explique par un de ses traits caractéristiques : sa ruralité. Un faible pourcentage de population picto-charentaise (59 %) réside dans une aire urbaine (contre 72 % à l’échelle française). La région ne compte que quatre aires urbaines de plus de 100 000 habitants : celles de Poitiers, de La Rochelle d’Angoulême et de Niort.

La région Poitou-Charentes est située sur une voie de passage très fréquentée à l’échelle française et européenne : l’axe Paris-Bordeaux-Espagne et constitue une région de transit importante pour le trafic de marchandises. La construction de la ligne TGV Tours-Bordeaux, inaugurée en 2017, a accru ce rôle de transit.

La région possède une agriculture modernisée tournée vers les céréales, les oléagineux mais aussi vers la vigne (en Charente pour la production de cognac et de pineau) et vers l’élevage (notamment ovin et caprin).

Disposant d’un littoral étendu (plus de 600 km de côtes), elle dispose de ressources dans le domaine de la pêche mais aussi de la conchyliculture (huîtres du bassin de Marennes-Oléron, mytiliculture de l’anse de l’Aiguillon).

Son industrie, presque inexistante au moment de la révolution industrielle, reste assez modeste et souvent tournée vers la sous-traitance.

La région a récemment misé sur le tourisme (tourisme balnéaire dans les îles de Ré et d’Oléron, sur l’estuaire de la Gironde autour de Royan ; nautisme à La Rochelle, parcs à thèmes -dont le Futuroscope de Poitiers- ). Les activités tertiaires s’y sont également développées : secteur des mutuelles d’assurances à Niort, enseignement supérieur à Poitiers et La Rochelle (université créée en 1993).

Le Poitou-Charentes est donc une région qui présente  des facettes très diverses et non une spécialisation marquée comme d’autres régions françaises (par exemple la région Sud -PACA- fortement tournée vers le tourisme, la région Ile-de-France marquée par sa forte urbanisation et le rôle moteur de l’agglomération parisienne), bref une région à travers laquelle on peut aborder presque tous les thèmes de la géographie française à l’exception de ceux liés à la restructuration des vieilles régions industrielles, à la notion de région transfrontalière, à la montagne et son aménagement.

On retrouvera un certain nombre d’articles personnels sur cette région sur l’ancien site de l’APHG Poitou-Charentes (mais à remettre à jour)

Poitou-Charentes : une région littorale largement ouverte aux influences océaniques.

La région Poitou-Charentes s’ouvre sur un littoral d’environ 600 km de long situé entre l’estuaire de la Sèvre Niortaise au nord et celui de la Gironde au sud. On a essentiellement une côte basse à marais, précédée par deux îles : celle de Ré (85 km², 16 000 hab.) au large de La Rochelle, celle d’Oléron (plus grande -175 km²-  et plus peuplée -19 000 hab.-), plus au Sud.

Le réseau hydrographique

La région est drainée par la Charente (380 km de long) qui prend sa source dans le Limousin et se jette en aval de Rochefort. Ce modeste cours d’eau fut pourtant utilisé pour descendre vers l’aval les chargements d’eau de vie de Cognac (en gabares, grandes barques à fond plat).

L’embouchure de la Charente

Le port militaire de Rochefort fut installé au XVII e siècle (par Louis XIV) à quelques encablures de la côte en remontant l’estuaire de la Charente. (voir Les ports militaires français de 1789 à aujourd’hui : petit décryptage

Un seuil hydrographique majeur partage la région : le seuil du Poitou situé entre Niort et Poitiers. Le département de la Vienne (dont le cours d’eau éponyme se jette dans la Loire) se trouve donc en grande partie appartenir aux régions sédimentaires du bassin parisien.

Plus au Sud les plaines d’Aunis, de Saintonge appartiennent déjà au Bassin Aquitain.

La présence d’une côte à marais

Sèvre Niortaise et Charente s’écoulent dans une région très plate et ont déposé des sédiments vaseux créant des marais : marais Poitevin au Nord (se terminant par l’anse de l’Aiguillon), marais de l’estuaire de la Charente (autour de Marennes). On retrouve également ces zones de marais dans l’île de Ré et celle d’Oléron.

Le marais « mouillé » dans le marais Poitevin près de Niort

Ces marais ont été aménagés depuis le Moyen Age pour différents types d’utilisation : dans les zones les plus basses on a aménagé des marais salants (qui survivent à l’île de Ré sur une superficie extrêmement restreinte mais ont été redynamisés par le tourisme), des parcs à huîtres (autour de Marennes, Oléron, à l’île de Ré et au Nord de la Rochelle), des bouchots dans l’anse de l’Aiguillon pour la mytiliculture.

Une partie du marais a été poldérisée dès le Moyen Age, grâce notamment à des spécialistes venus de Hollande. On parle de « marais desséché » pour les terres asséchées qui sont aujourd’hui consacrées à la céréaliculture. Une autre partie de marais, plus en amont, reste une zone plus humide (« marais mouillé » près de Niort) et est composé d’herbages entrecoupés de canaux). Aujourd’hui cette zone du marais mouillé baptisée « Venise verte » a de plus en plus une vocation touristique.

Une région sédimentaire fertile

A l’arrière de ce littoral bas on trouve une plaine sédimentaire présentant des sols de bonne qualité : plaine d’Aunis dans l’arrière-pays de La Rochelle, basses collines de Saintonge, plateaux du Haut-Poitou. Les altitudes augmentent légèrement vers l’Est quand on se rapproche du Limousin (dans la région de Montmorillon) mais on est essentiellement dans une région plate (point culminant à 272 m).

Cette région a été jusqu’au XIX e siècle fortement occupée par un vignoble (dont la production était notamment exportée vers l’Angleterre, le port de La Rochelle représentant le point d’exportation). Ce vignoble a été totalement dévasté à la fin du XIX e siècle (comme  la totalité du vignoble français) par une maladie (le phylloxéra) et a totalement disparu. Il ne s’est ensuite reconstitué que dans la région de Cognac (où l’on produit une eau de vie réputée) mais n’a pas été replanté en Aunis et au Poitou.

Un climat océanique plus ensoleillé sur le littoral

Le climat est océanique c’est-à-dire présentant un été relativement frais et assez sec (d’où la nécessité d’irriguer certaines cultures comme le tournesol ou le maïs avec de grandes installations par aspersion) et un hiver assez doux avec, dans l’ensemble, peu de gel.

Toutefois il existe des nuances importantes entre le littoral et l’intérieur : si le gel et la neige sont quasiment absents sur le littoral et le soleil plus généreux (et notamment sur l’île de Ré qui bénéficie de par sa position insulaire d’un microclimat lui conférant une ambiance plus méridionale), en revanche, quand on progresse vers l’Est, l’été devient plus chaud, l’hiver plus rigoureux (notamment au niveau du seuil du Poitou), l’ensoleillement moins marqué. (Cette dégradation du climat océanique se retrouve plus généralement en France entre la Bretagne et le Bassin parisien).

L’importance de l’ensoleillement (à cette latitude) dans une région qui ne jouit pas d’un climat méditerranéen est un atout important pour le tourisme balnéaire (La côte vendéenne, située juste au nord de l’embouchure de la Sèvre Niortaise bénéficie du même atout avec, en plus, la présence d’un littoral sableux et non vaseux). Toutefois l’ensoleillement est généralement plus aléatoire en juillet qu’en août.

Une région au littoral attractif dont l’intérieur se dépeuple

La région Poitou-Charentes a connu ces dix dernières années une croissance d’environ 6 %, chiffre identique à la moyenne nationale. Toutefois cette croissance est très différenciée selon les secteurs de la région. Le littoral connaît une croissance démographique forte. Par contre la Haute Saintonge et l’est de la région ont tendance à voir leur population régresser légèrement (région de Loudun, de Montmorillon notamment).

graphique CLG 2023

Un solde migratoire désormais positif

Il y a 50 ans, la région était peu attractive en France métropolitaine. La situation s’est peu à peu inversée mais cela concerne principalement le littoral de Charente-Maritime et l’agglomération de Poitiers

Cette croissance est liée principalement à l’arrivée de retraités et de jeunes actifs, et ce malgré un taux de chômage plus élevé que la moyenne nationale.

Les aires urbaines voient leur population progresser et s’élargissent : les communes rurales jusqu’à 25 km autour de la ville-centre y connaissent une forte croissance, tandis que la commune-centre stagne (La Rochelle à 80 000 habitants, Rochefort à 27 000). Ce phénomène de périurbanisation est particulièrement marqué autour de La Rochelle, Rochefort, Saintes et Niort. A l’inverse certaines communes rurales de l’intérieur se dépeuplent.

Une région encore largement rurale tournée vers l’agriculture

La région Poitou-Charentes apparaît comme une région largement rurale et dont l’agriculture présente certaines grandes tendances de l’agriculture française.

Une agriculture qui s’est modernisée

L’agriculture occupe seulement 65 000 actifs dans la région, pourtant elle tient une place importante de par son organisation modernisée et ses orientations.

Ainsi la SAU (surface agricole utile) représente 1,8 millions d’hectares soit 70 % de la superficie de la région. Elle est en recul du fait de l’urbanisation et de la construction d’infrastructures de transport : elle a ainsi perdu 5 % depuis 1970.

On compte environ 35 000 exploitations, de 50 hectares en moyenne. Leur nombre diminue et leur taille moyenne augmente, évolution comparable à celle qu’on observe au niveau national (attention chiffres à vérifier, il est probable que le nombre d’exploitation soit en diminution et la taille en augmentation)

Grandes culture et vignoble

Les grandes cultures prédominent avec une spécialisation de plus en plus marquée des exploitations (qui traditionnellement étaient davantage tournées vers la polyculture) : 2/3 des exploitations aujourd’hui sont tournées vers un système de production unique. 40 % de la SAU est consacrée aux céréales dont plus de la moitié pour le blé (dont le rendement moyen est de près de 75 quintaux/hectare) et un quart pour le maïs (qui est irrigué).

A retrouver dans le document de la Chambre d’agriculture qui présente la nouvelle PAC (2023-2027)

Les oléagineux représentent 15 % de la SAU et se partagent entre du tournesol (irrigué ; 2/3 de la superficie) et du colza (1/3). La production de tournesol de la région représente plus d’un quart de la production française. Les superficies en oléagineux ont beaucoup progressé depuis les années 1970.

A côté de ces grandes cultures on note l’essor de la culture du melon qui représente aujourd’hui un quart de la production française : les surfaces ont quadruplé depuis 1988 et le melon charentais bénéficie d’un label.

La vigne couvre près de 80 000 hectares (les superficies sont en recul depuis les années 1970) et le raisin est destiné essentiellement à la production de pineau et de cognac. Le cognac est exporté à plus de 90 %.

La Charente à Cognac

L’élevage en Poitou-Charentes

La région compte le premier cheptel caprin français avec 400 000 têtes et produit plus d’un tiers du lait de chèvre en France. Le troupeau est surtout localisé dans les Deux-Sèvres. Ce lait est essentiellement destiné à la production de fromage industriel dans des laiteries de la région mais aussi extérieures à cette région.

L’élevage ovin est également important 600 000 brebis de race à viande (et non à lait) (2e cheptel en France).

En revanche malgré ses 800 000 bovins, la région n’occupe qu’une place modeste à l’échelle française dans l’élevage bovin : elle ne livre que 3 % de la production de lait.

Une industrie diverse souvent tournée vers la sous-traitance

La région Poitou-Charentes possède un pourcentage d’emplois dans le secteur industriel comparable à la moyenne nationale : 18 % (contre 17 % pour la moyenne nationale) ; son tissu industriel est riche de petites et très petites entreprises. Mais à quelques exceptions près, comme dans le nautisme, la grande majorité de l’activité industrielle est une activité de sous-traitance, peu connue du grand public. La crise de 2009 a accéléré les fermetures dans ces industries de sous-traitance.

C’est la zone de Châtellerault qui a la plus forte tonalité industrielle de la région avec 34 % d’emploi industriel (soit environ 10 000 personnes), le plus souvent dans de grosses entreprises. C’est elle qui a le plus souffert en 2009.

Les activités sont tournées vers la sous-traitance automobile (ex. Valéo -balais d’essuie-glace-), la construction de moteurs d’avions (SNECMA), la métallurgie de l’aluminium (Fonderies du Poitou), la fabrication d’engins de levage (Fenwick).

La zone de Poitiers concentre également environ 10 000 emplois industriels ce qui, par rapport à son poids démographique, représente un faible pourcentage de la population active (11 %) : comme à Châtellerault la sous-traitance automobile est importante (Autoliv-Isodelta -volants, airbags-, Michelin –pneumatiques- SAFT –piles, batteries-) mais aussi des activités de pointe (SAGEM –électronique militaire- et diverses (industries alimentaire, distribution d’électricité, édition)

La région de La Rochelle compte 11 500 emplois industriels (14 % de la population active) et présente différents secteurs : dans l’ordre décroissant construction navale (Dufour à Périgny, Fountaine-Pajot à Aigrefeuille-d’Aunis) industries alimentaires diverses (notamment AVI Charente à Aytré), matériel ferroviaire roulant (Alstom à Aytré qui fabrique notamment des wagons de TGV et l’AVG –automotrice à grande vitesse ; c’est le plus gros employeur privé de la région avec environ 1 000 salariés sur le site), équipements automobiles (Delphi à Périgny, injection de moteurs diesel) mais aussi chimie (Rhodia Electronics et Catalysis à La Rochelle).

La région d’Angoulême compte 15 000 emplois industriels soit 21 % des actifs. C’est la plus grosse concentration d’emplois industriels de la région même si le secteur industriel y a régressé. On trouve de grands établissements tournés vers les constructions électriques (SAFT –piles-, Leroy-Somer –moteurs et alternateurs- ainsi que 4 autres établissements, Schneider –matériel électrique), la papeterie (notamment La Couronne), équipements navals pour l’armée (DCNS à Ruelle).

La région du Nord Deux-Sèvres (autour de Bressuire et Parthenay), région très rurale concentre près de 14 000 emplois industriels (32 % de la population active y travaille dans l’industrie). Ces emplois concerne la construction automobile (groupe Henri Heuliez à Cerizay –autobus-), les industries agro-alimentaires (notamment abattoirs pour volailles, surgelés Marie, fromages). C’est avec la région de Cholet une région industrielle très originale à l’échelle française où les entreprises industrielles sont disséminées en milieu rural alors que d’habitude les entreprises industrielles sont concentrées dans des agglomérations plus importantes.

Enfin la région de Cognac qui est une région également très rurale a une activité industrielle tournée autour de la fabrication du cognac (Hennessy, Martell, Courvoisier) et du matériel nécessaire (tonnellerie, verrerie, bouchons, étiquettes etc…) qui emploie 8 000 personnes soit environ 27 % de la population active.

Des pôles urbains de taille modeste

La région Poitou-Charentes présente donc un taux d’urbanisation assez faible par rapport à la moyenne française : 59 % (contre 72 % à l’échelle nationale) et seulement 4 aires urbaines de plus de 100 000 habitants : celle de Poitiers (225 000 habitants environ), celle de La Rochelle (185 000), celle d’Angoulême (160 000) et celle de Niort (135 000°)[5].

Les autres aires urbaines ont un poids démographique beaucoup plus réduit : Châtellerault (70 000), Saintes et Rochefort (un peu plus de 50 000), Cognac et Royan (45 000), Thouars, Parthenay et Bressuire (autour de 20 000).

De par leur histoire, leur position, ces différentes villes et aires urbaines ne présentent pas du tout la même physionomie ni le même type de développement.

Poitiers, capitale régionale, gros pôle universitaire

Poitiers est la plus grosse agglomération de la région (plus de 225 000 habitants pour l’aire urbaine) La commune de Poitiers compte près de 90 000 habitants (c’est la plus grande commune de la région). Poitiers est préfecture de région et, à l’échelle de la France, est l’une des plus petites anciennes capitales régionales (20e rang : ne restent derrière elle que Châlons-en Champagne et Ajaccio).

Poitiers a une fonction tertiaire affirmée, à la fois par son rôle administratif et par son rôle universitaire. L’Université de Poitiers est de création ancienne (fondée en 1431) ; elle accueille aujourd’hui environ 24 000 étudiants et présente une gamme très complète de formations supérieures (droit et sciences économiques, sciences humaines et sociales, lettres, langues, arts, sciences fondamentales et appliquées, médecine et pharmacie, sciences du sport). Elle compte également deux IUT et une école d’ingénieurs (ESIP Ecole Supérieure d’Ingénieurs de Poitiers. Une autre école d’ingénieurs se situe sur le technopôle du Futuroscope. On compte également diverses autres formations supérieures dépendantes de l’Université (IUFM, IAE) ou privées (notamment IPECO).

Le campus Universitaire s’étend sur un vaste plateau à l’est de la vieille-ville où se dispersent les UFR, restaurants universitaires, installations sportives et résidences universitaires. Un peu plus à l’écart du centre-ville se trouvent les locaux neufs de la Faculté de Médecine (terminés fin 2006), situés sur le site de la Milétrie où se trouve également le CHU (Centre Hospitalier Universitaire).

Autour du campus et dans le centre, on trouve de nombreux logements pour les étudiants (résidences du CROUS, résidences privées pour étudiants, logements particuliers). Le réseau de bus est bien adapté à cette population étudiante. Par rapport au poids démographique de Poitiers, la population étudiante constitue en effet le plus fort pourcentage à l’échelle française.

Le CHU Milétrie est un gros pôle d’emplois pour l’agglomération (comme le sont les autres CHU dans les autres grandes villes de province). Il compte près de 1 600 lits et 5 600 personnes y travaillent dont près de 1 200 personnels médicaux (parmi eux plus de 700 internes et étudiants).

A 6 km au Nord de Poitiers, la création ex-nihilo à Chasseneuil-du-Poitou d’un parc à thème (le Futuroscope) en 1987 a été accompagnée de celle d’un technopôle. Bien desservie (sortie de l’autoroute A10), cette zone abrite des structures d’hébergement développées (hôtels -2 000 chambres- et restaurants) et de nombreux organismes de formation, d’enseignement et de recherche.

Le parc du Futuroscope est consacré aux nouvelles technologies de l’image (notamment images en 3 D) et a rencontré ces dernières années de sérieuses difficultés financières (en partie liées au fait que la région autour de Poitiers n’est sans doute pas assez peuplée pour rentabiliser un parc de ce type dont les investissements sont considérables).

Il a accueilli près de 2 millions de visiteurs en 2025 (2e parc à thème français derrière Eurodisney, 18e Européen). Le parc emploie 600 personnes (dont beaucoup d’étudiants à temps partiel). Sa clientèle est à 90% française.

La technopole du Futurospe s’étend sur 200 hectares et se développe. Elle s’organise autour de 5 « téléports » et comporte plus de 25 000 m² de bureaux ainsi qu’un nombre significatif d’institutions : une école d’ingénieurs : l’ENSMA (École nationale supérieure de mécanique et d’aérotechnique depuis 1993), le CNED (Centre National d’Enseignement à Distance), l’ESEN (Ecole Supérieure de l’Education Nationale -qui forme les personnels de direction et d’inspection-, le LPI (Lycée Pilote Innovant), un nouveau palais des Congrès (ouvert en 2006).

(voir l’article L’agglomération de Poitiers : un bon exemple pour analyser l’organisation d’une ville moyenne française

La Rochelle cherche imposer son image de ville touristique et écologique

La Rochelle a de plus en plus une vocation touristique, attirant chaque année une clientèle nationale mais aussi étrangère (Néerlandais, Britanniques, Allemands…) qui apprécie le charme de sa vieille ville et l’animation de son vieux port.

Des manifestations culturelles y rythment la saison touristique : festival du cinéma début juillet, Francofolies mi juillet (depuis 1985), Grand Pavois en septembre (salon nautique sur l’eau qui fait pendant à celui de la porte de Versailles organisé en décembre) apportant une animation sans discontinuer de mai à septembre.

Différents efforts contribuent à développer cette vocation touristique : l’Aquarium de La Rochelle (ouvert en 2000), de nombreux musées dont celui le Musée du Nouveau Monde et le Museum (totalement refait et ouvert en 2008) ; un front de mer réaménagé depuis le Sud de l’agglomération jusqu’à la pointe de Chef de Baie.

La Rochelle est la première ville française à avoir proposé des vélos en libre-service (1976) et à avoir développé des pistes cyclables. Elle tente de préserver son image de « ville verte » née à l’époque de son ancien maire, Michel Crépeau (maire de La Rochelle de1971 à 1999 et ministre de l’environnement en 1981).

Elle a misé sur le nautisme en créant aux Minimes dans les années 1970 un énorme port de plaisance (l’un des  plus grands d’Europe : 3 600 anneaux, 50 hectares, 11 km de pontons)  qui vient d’être encore agrandi ( nombre d’anneaux à 4 500).

Il en a résulté la création au Sud de la ville d’un nouveau quartier construit autour de ce port : depuis, le vide laissé entre la vieille ville et ce port de plaisance a été comblé par la création du quartier universitaire qui abrite les différentes Facultés (la FLASH Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines) la plus proche du centre-ville, la Faculté de Droit, Sciences Politiques et Gestion, celle de Sciences et Technologie ainsi qu’un IUT et deux écoles supérieures privées l’ EIGSI (école d’ingénieurs) et Excelia (École Supérieure de Commerce) de la Rochelle. Sur ce campus on trouve également la Médiathèque de La Rochelle face au vieux port, logée dans le même bâtiment que la Bibliothèque Universitaire, des résidences étudiantes et d’autres de haut standing.

L’Université de La Rochelle a ouvert en 1993 (c’est la plus jeune des Universités métropolitaines et également la plus petite (elle abrite environ 8 000 étudiants).

Outre cette vocation touristique et sa récente fonction universitaire, l’activité de La Rochelle est tournée vers l’industrie (usine Alstom d’Aytré qui existe depuis la première guerre mondiale, constructions navales tournées vers la plaisance…) mais c’est également un pôle administratif et tertiaire du fait de son rôle de préfecture (préfecture, Conseil Général de Charente Maritime aux Minimes), de son poids démographique dans le département (Pôle Emploi, Chambre des Métiers, Chambre de Commerce et d’Industrie).

La ville dispose d’un Centre Hospitalier qui gère le service d’urgence (le 15) sur tout le département. Il regroupe plusieurs établissements, le principal étant l’hôpital St Louis (installé sur le même site qu’au XVIIe siècle en bordure de la vieille ville, dans des locaux datant de 1976) mais également l’hôpital de Lafond (psychiatrie) et des centres de soin pour personnes âgées en long séjour (V 240)

Il emploie près de 3 000 personnes dont près de 300 médecins et constitue de ce fait le plus gros employeur de l’agglomération. Un nouveau bâtiment a récemment été terminé dans l’enceinte de l’hôpital fin 2011 et abrite le pôle « Mère-Enfant » (maternité, service de néonatologie, gynécologie-obstétrique) se substituant au bâtiment vétuste situé anciennement rue Thiers.

Niort, la ville des mutuelles

La ville de Niort a connu un essor depuis les années 1950 du fait de l’essor des sociétés d’assurances mutuelles : elle est de ce fait la capitale de l’économie sociale et est la 4e place financière française.

Ainsi la plus ancienne de ces mutuelles implantées à Niort est la MAIF (Mutuelle d’Assurance des Instituteurs de France) créée en 1934 fixée à Niort en 1935 qui est le 6e assureur français.

Les autres grandes mutuelles basées à Niort sont : le groupe MAAF (Mutuelle d’Assurances des Artisans de France) fondé en 1950, la MACIF, fondée en 1960, (Mutuelle d’assurance des commerçants et industriels de France), la SMACL fondée en 1972, Société mutuelle d’assurance des collectivités locales, Groupama, contraction de GROUPe des Assurances Mutuelles Agricoles (Il s’agit d’un groupe d’assurance mutualiste et généraliste – assurances des biens, assurances de la personne, épargne et banque – qui exerce ses activités en France sous deux marques commerciales, Groupama et Gan).

Inter Mutuelles Assistance (IMA) fondée en 1983, premier acteur européen de l’assistance (aux personnes, aux véhicules…) avec quelques 50 millions de bénéficiaires, est également basé à Niort.

Niort bénéficiant par ce type d’activités d’un niveau de salaire élevé par rapport à la moyenne française, son infrastructure commerciale est particulièrement développée par rapport à sa faible population (grandes zones commerciales dont celle de Chauray).

Angoulême et son pôle image

Angoulême, préfecture de la Charente abrite la 3e aire urbaine de la région Poitou-Charentes avec un peu plus de 150 000 habitants. Elle se situe dans un département très rural (densité 57 hab/km²), avec comme seule autre ville notable Cognac (45 000 habitants) très loin devant Confolens. L’aire urbaine d’Angoulême regroupe les 2/3 de la population du département.

Angoulême bénéficie d’une excellente accessibilité grâce au TGV qui la met à 2 h 10 de Paris et 55 mn de Bordeaux). C’est une ville qui a une tonalité industrielle marquée aujourd’hui relayée par son rôle de pôle de l’image.

La mise en place du Festival International de la Bande Dessinée en 1974 a eu pour conséquence la création en 1997 d’un « pôle Image » qui est aujourd’hui le second centre de production français d’images animées avec une cinquantaine d’entreprises spécialisées dans les métiers et technologies de l’image animée (animation 2D/3D, l’audiovisuel, la bande dessinée, le jeu vidéo, le multimédia, les images techniques, l’édition) Ce projet intitulé SMPI-Magelis (Syndicat Mixte du Pôle Image) a été mis en place à partir de 1997 par le Conseil Général de la Charente, la Ville et la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Angoulême. En 2005 la Région Poitou-Charentes et la Communauté d’Agglomération du Grand Angoulême (COMAGA) ont officiellement rejoint le SMPI.

voir l’article Angoulême, la BD et l’histoire

Les transports en Poitou-Charentes

La région Poitou-Charentes est traversée par une grande voie de passage à l’échelle française, l’axe Paris-Bordeaux qui en fait une région importante de transit entre le Nord de l’Europe et l’Espagne. On notera que cet axe ne fait que reprendre une grande voie romaine qui passait notamment par Saintes.

Les infrastructures de transport sont surtout articulées autour de cet axe nord-sud mais elles se ramifient également pour irriguer l’ensemble de la région.

Le tronçon le plus fréquenté est l’autoroute A10 entre la sortie Châtellerault Nord et le Sud du département de la Charente-Maritime (sortie de Jonzac). Cette autoroute est assez récente : le tronçon Paris-Poitiers a été ouvert en 1977, le tronçon Poitiers-Bordeaux en 1981.

Le tracé choisi est fortement incurvé vers l’ouest ce qui a permis de desservir la ville de Niort et de se rapprocher du littoral touristique (on n’est plus alors qu’à 60 km de La Rochelle, et à 39 km de Royan).

L’axe routier traditionnel (la RN 20 Poitiers-Angoulême-Bordeaux qui est passé à 2X2 voies) est très fréquenté : le trajet est en effet plus court en kilométrage et gratuit, contrairement à l’autoroute. La ligne TGV Paris-Bordeaux suit également cet itinéraire via Angoulême.

Outre la A 10, le réseau autoroutier régional est constitué par un tronçon Saintes-Rochefort A837 (qui se prolonge ensuite jusqu’à La Rochelle par une 2X2 voies), par une autoroute récente ouverte en 2001 (la A83) qui relie Niort à Nantes.

Le réseau ferré est électrifié la voie à grande vitesse s’arrête à Tours. Les TGV ont donc une vitesse normale (quasiment la même que les Intercités et les TER sur tout le réseau régional). La principale ligne est la ligne Paris-Bordeaux qui dessert Châtellerault, Poitiers et Angoulême. Une nouvelle ligne à grande vitesse est en construction sur le tronçon Tours-Bordeaux et devrait ramener dans les années à venir de nombreux emplois (à la fois le temps de la construction, pour la maintenance et par l’arrivée de nouvelles activités). Une ramification existe à Poitiers en direction de La Rochelle (qui met la ville à 3 h de Paris) desservant Niort. La ligne Bordeaux-Nantes (voire Irun-Quimper) dessert Saintes, Rochefort et La Rochelle.

Les TER ont depuis plus dix ans été remplacés par des rames neuves (projet du Conseil Régional qu’on retrouve dans plusieurs régions françaises) avec une bonne desserte La Rochelle-Niort-Poitiers. Fin 2008 une nouvelle gare TER a été inaugurée à La Rochelle (Porte Dauphine) pour inciter les habitants situés entre Rochefort et La Rochelle à venir travailler par le train.

Poitiers et La Rochelle disposent en outre chacune d’un aéroport international avec un très faible trafic (environ 3 vols réguliers par jour à La Rochelle).

Conclusion provisoire ?

A travers tous ces éclairages on découvre une région contrastée, assez dynamique et modernisée malgré sa population modeste et qui a su, dans certains créneaux, acquérir une image attractive, d’où l’essor actuel de son littoral.

Le littoral charentais a été particulièrement touché lors de la tempête Xynthia du 28 février 2010, tout comme celui, situé juste au nord, du Sud Vendée (La Faute-sur-Mer, La Tranche-sur-Mer) faisant plus de 50 morts

Depuis les efforts de réaménagement du littoral ont été considérables si bien qu’en certains secteurs touristiques (plages de La Rochelle et Châtellaillon), les traces de la tempête sont totalement invisibles.

Fin 2014 toutefois des repères de submersion avaient été installés à La Rochelle près de la Médiathèque pour rappeler aux habitants qu’on est dans ces quartiers à un mètre au dessous du niveau atteint lors de la tempête Xynthia et que de ce fait, toutes les installations présentes (caves, mécanismes d’ascenseurs, voitures restent menacées).

D’autres articles et d’autres cartes plus précises suivront par la suite

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