Samuel de Champlain est un navigateur né à Brouage (entre 1567 et 1574) au moment des guerres de religions dans cette place forte saintongeaise et ancien port de commerce aujourd’hui envasé située dans les marais entre La Rochelle et l’embouchure de la Gironde. Il est le fondateur en 1608 de la ville de Québec (à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent) où il meurt en 1635.
Le souvenir de ces expéditions vers le Québec et les liens entre la Rochelle et la Nouvelle-France sont évoqué notamment dans la Tour de la Chaîne (surtout depuis le 400 e anniversaire de la fondation de Québec en 2008) et dans le musée du Nouveau Monde situé dans l’hôtel Fleuriau. Voici quelques éléments de repérages pour aborder ces thématiques.

Qui est Champlain ?
Il appartient à la petite noblesse, il est né dans une famille protestante (le protestantisme est très important dans cette région au milieu du XVIe siècle) et s’est ultérieurement converti au catholicisme.
Après une formation de navigateur en Saintonge, il s’enrôle comme soldat en Bretagne (1595-1598), devient explorateur des colonies espagnoles d’Amérique (1599-1601), du fleuve Saint-Laurent (1603) ainsi que de l’Acadie (1604-1607) et de la côte atlantique (entre l’actuel Nouveau-Brunswick et Cap Cod). Champlain est celui qui permet d’enraciner la première colonie française permanente, à Port-Royal, puis à Québec dans cette “Nouvelle-France” en gestation en ce début du XVIIe siècle.
Quel est le contexte historique ?
Chronologiquement la vie de Champlain s’inscrit sous les règnes d’Henri IV (assassiné en 1610) puis celui de Louis XIII. On se trouve entre la fin des Guerres de Religion que marque l’édit de tolérance de Nantes (en 1598) qui permet l’existence de certaines places de sûreté notamment La Rochelle, la plus importante. Mais cet édit n’est pas réellement accepté par tous puisque Henri IV, ancien prince protestant né en 1553 à Pau (fils d’Antoine de Bourbon roi de Navarre et de Jeanne d’Albret). Il se convertit au catholicisme quand il monte sur le trône est assassiné (par un certain Ravaillac) en 1610 qui n’accepte pas ce qu’il considère comme une forme de trahison des catholiques.

Par la suite la lutte contre le protestantisme reprend avec notamment, sous le règne de Louis XIII à l’époque du Cardinal de Richelieu avec le Grand Siège de La Rochelle (1627-1628) place forte qui finit par se rendre affamée tandis que la place forte de Brouage reprise antérieurement aux protestants est un point d’appui pour ce siège.

Quel est le rôle de Champlain ?
N’appartenant pas à la grande noblesse il n’a qu’un rôle subalterne dans la mise en place des structures administratives en Nouvelle-France joue un grand rôle comme explorateur poursuivant les explorations antérieures et moins avancées de Jacques Cartier (qui avait repéré l’embouchure du Saint-Laurent en 1534.
Champlain y vient pour la première fois en 1603 sur le navire (La Bonne Renommée) d’un certain Aymar de Chaste gouverneur de Dieppe qui a alors le monopole de la traite de fourrures au Canada et est juste chargé pour ce premier voyage de rédiger un rapport sur les perspectives économiques d’une telle région.
D’autre part il s’agit d’essayer de remonter le Saint-Laurent au-delà d’un lieu qu’il désigne comme Grand Sault Saint Louis car il y a des rapides difficiles à cet endroit (c’est un peu en amont de la ville actuelle de Montréal et un canal de dérivation avec des écluses a été construit pour éviter ces rapides infranchissables -qui sont liés aux conséquences des glaciations dans cette région). Il va faire une dizaine d’aller-retours entre France et Nouvelle-France.
Quel souvenir de Champlain aujourd’hui ?
Il a laissé principalement un souvenir dans les régions qu’il a explorées notamment une grande statue à Québec (de la fin du XIXe siècle),

Champlain a également donné son nom à un grand lac glaciaire (1 270 km² -superficie à comparer avec celle du lac Léman 580 km²- qui se trouve principalement aujourd’hui au Nord-Est des Etats-Unis et à la frontière avec le Canada actuel. Mais à vrai dire ce grand lac est semble petit sur une carte par rapport aux 5 grands lacs américains (Supérieur, Michigan, Huron, Érié et Ontario) car en Amérique du Nord on n’est pas du tout à l’échelle des l’Europe : tout est plus vaste, éloigné et dans une forme de démesure.

Pour visualiser un peu la localisation de tout cela j’avais dessiné cette petite carte dans un article qu’on retrouve dans un article de présentation : Le Canada : quelques repérages et un autre plus précis (L’hydroélectricité : un petit briefing historique et l’exemple de l’Amérique du Nord). Malheureusement l’histoire et la géographie du Canada ne sont jamais vraiment étudiés dans nos programmes scolaires français alors même que cela suscite la curiosité de nos élèves (de même que celle de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande) beaucoup plus qu’une réflexion abstraite sur le développement durable ou les risques).
On voit cependant que cette carte ne zoome pas précisément sur la région explorée par Champlain mais sur la région des Grands Lacs qui s’est ultérieurement développée aux Etats-Unis et au Canada d’où cette deuxième carte

Pour aller plus loin sur le site de Brouage :

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